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Comment assurer l’évacuation de l’eau de pluie sur une terrasse ou un balcon ?

Vincent Moreau
Vincent Moreau
septembre 10, 2026 6 min
Gouttière inclinee dirigeant ruissellement vers tuyau evacuation

Une terrasse ou un balcon mal drainé transforme chaque averse en problème. L’eau qui stagne finit par s’infiltrer, ronger l’étanchéité et fissurer les revêtements. Comprendre les systèmes d’évacuation et respecter quelques règles simples suffit pourtant à éviter ces désagréments.

La réponse tient en trois principes : une pente d’écoulement suffisante, un système d’évacuation adapté (pissette, barbacane, siphon ou avaloir) et un exutoire correctement dimensionné. En France métropolitaine, le calcul du débit à évacuer repose souvent sur une base de 0,05 L/s/m², soit environ 3 L/min/m² (contre 0,075 L/s/m² dans les DROM, où les pluies sont plus intenses). Pour une terrasse de 20 m², cela représente environ 1 L/s à faire transiter vers la descente EP, un balcon pouvant nécessiter jusqu’à 1,8 L/s selon le coefficient de ruissellement retenu.

Pourquoi bien évacuer l’eau de pluie sur un balcon ou une terrasse ?

Un balcon ou une terrasse mal conçus retiennent l’eau au lieu de la laisser s’écouler. Cette eau stagnante s’infiltre progressivement dans les joints, sous le revêtement, puis dans la structure porteuse. Avec le temps, l’humidité provoque des fissures, dégrade l’étanchéité et peut atteindre le plafond de l’étage inférieur dans un immeuble collectif.

Le problème n’est pas seulement esthétique. Une dalle qui reste imbibée d’eau pendant l’hiver subit des cycles de gel-dégel qui accélèrent sa détérioration. C’est pourquoi le drainage n’est jamais un détail secondaire dans un projet de construction ou de rénovation.

Les systèmes d’évacuation : pissette, barbacane, siphon et avaloir

Plusieurs dispositifs permettent de canaliser l’eau vers un exutoire. Le choix dépend de la configuration du balcon ou de la terrasse, de la présence d’un garde-corps plein ou ouvert, et du type de revêtement posé.

Pissette et barbacane : quelles différences ?

La pissette est un petit tube traversant qui permet à l’eau de s’écouler directement à travers le nez de dalle ou le garde-corps, en évitant qu’elle ruisselle sur la façade. Elle convient particulièrement aux balcons dont l’acrotère ou le garde-corps est plein, sans autre ouverture pour laisser passer l’eau accumulée sous le revêtement.

La barbacane, elle, est une ouverture plus large, souvent intégrée dans un profilé métallique ou un joint de dilatation. Elle sert surtout à évacuer l’eau qui a pu s’infiltrer sous les carreaux ou les dalles sur plots, en assurant un drainage de la sous-couche et pas seulement de la surface visible. Les deux dispositifs sont complémentaires plutôt que concurrents : une terrasse bien conçue associe souvent les deux, pour gérer à la fois l’eau de surface et celle qui a pénétré en profondeur.

Avaloir et siphon de balcon

L’avaloir est un point de collecte central, généralement placé au point bas de la pente, qui récupère l’eau avant de la diriger vers la descente EP. On le retrouve fréquemment sur les grandes terrasses ou les toitures-terrasses accessibles, où une seule pissette ne suffirait pas à absorber le volume d’eau.

Le siphon de balcon remplit une fonction voisine, avec un système de garde d’eau qui empêche les remontées d’odeurs depuis le réseau d’évacuation. Il s’installe souvent en complément d’une gargouille, cette pièce en saillie qui project l’eau à distance de la façade pour limiter les coulures et le ruissellement sur les murs.

SystèmeFonction principaleUsage typique
PissetteÉcoulement traversant surfaceBalcon à garde-corps plein
BarbacaneDrainage sous revêtementDalles sur plots, carrelage collé
AvaloirCollecte centraliséeGrande terrasse, toiture accessible
Siphon de balconÉvacuation + garde d’eauRaccordement à la descente EP

La pente d’écoulement : un indispensable souvent oublié

Terrasse inclinee avec rigole eau stagnante visible

Sans pente suffisante, aucun système d’évacuation ne fonctionne correctement. L’eau doit être guidée naturellement vers le point de collecte, sinon elle stagne même en présence d’une pissette ou d’un avaloir bien positionnés. La pente minimale recommandée se situe généralement entre 1 % et 1,5 %, certaines préconisations montant jusqu’à 2,5 % pour sécuriser l’écoulement sur les terrasses très exposées.

Cette pente se règle dès la pose de la forme de pente en béton ou lors du calage des plots, avant la mise en place du revêtement final. Une erreur à ce stade est difficile à corriger sans tout reprendre, d’où l’intérêt de vérifier l’écoulement avec un niveau avant de poser le revêtement définitif.

L’erreur classique lors d’une rénovation

Poser un nouveau carrelage sur une terrasse existante sans vérifier la pente d’origine. Si l’ancien revêtement compensait un défaut de pente, le nouveau risque de créer des flaques inédites, même avec un système d’évacuation performant.

Installation et normes DTU : où poser les évacuations ?

La pose conforme des dispositifs d’évacuation s’appuie sur le DTU 43.1 pour les terrasses accessibles et le DTU 20.12 pour les balcons en maçonnerie. Ces documents précisent notamment la hauteur minimale du relevé d’étanchéité, l’emplacement des pissettes par rapport au nez de dalle, et le nombre d’évacuations à prévoir selon la surface.

En pratique, chaque point bas de la pente doit disposer d’un exutoire, qu’il s’agisse d’une pissette, d’une barbacane ou d’un avaloir raccordé à la descente EP. Un puisard peut également être intégré au pied de la façade lorsque l’eau doit être infiltrée sur place plutôt que rejetée dans le réseau collectif, notamment sur des terrasses de plain-pied entourées de végétation.

Adapter l’évacuation sur une terrasse existante

Terrasse avec barbacanes et revêtement drainant gris

Sur une terrasse déjà construite, il n’est pas toujours possible de reprendre la pente sans gros travaux. Dans ce cas, on privilégie l’ajout de barbacanes complémentaires ou la pose d’un revêtement drainant qui laisse l’eau traverser jusqu’à une couche de drainage inférieure, plutôt que de la faire ruisseler en surface.

Un entretien régulier reste indispensable, même avec un système bien conçu : feuilles mortes, mousses et sédiments finissent par obstruer les pissettes et les avaloirs. Un simple déboucheur ou un jet d’eau ciblé, deux à trois fois par an, suffit généralement à préserver un écoulement libre et à éviter que l’humidité ne s’installe durablement sous le revêtement.

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