Tirer un câble dans une cloison en plaque de plâtre est tout à fait autorisé, à condition de respecter la logique de la NF C 15-100 : le conducteur doit être protégé contre les chocs, les arêtes vives et les vis. Voici ce que dit la norme pour le passage d’un câble électrique dans une cloison placo, dans quels cas la gaine s’impose et comment procéder selon que la cloison est ouverte ou fermée.
Ce que dit la norme NF C 15-100 sur le passage d’un câble dans une cloison placo
Le verdict tient en une phrase : la gaine ICTA est la solution la plus sûre et la plus souvent attendue, et le câble R2V sans gaine n’est toléré que dans un vide de construction, sous conditions. La NF C 15-100 fixe le principe général, et le guide UTE C 15-520 détaille les modes de pose acceptables dans les parois creuses. Le tableau ci-dessous résume les situations les plus courantes.
| Situation | Solution conforme |
|---|---|
| Fils H07V-U dans une cloison creuse | Gaine ICTA obligatoire |
| Câble R2V dans un vide de construction, sans arête vive | Toléré sans gaine, gaine fortement recommandée |
| Traversée d’un montant métallique | Passe-câble, œillet ou manchon de protection |
| Câble encastré dans une saignée ou un enduit | Gaine ICTA obligatoire |
| Cloison fermée impossible à rouvrir | Goulotte ou moulure en apparent |
Gaine ICTA obligatoire ou câble R2V sans gaine : vide de construction ou encastrement
La distinction qui compte est celle entre un vide de construction et un câble encastré. Dans une cloison placo creuse, l’espace entre les deux plaques de plâtre constitue un vide de construction : un câble R2V multiconducteur peut y circuler à nu, à condition de ne subir ni écrasement ni frottement. Dès que le conducteur est noyé dans un matériau (plâtre, enduit, colle de doublage), il doit être placé sous conduit.
La nature du conducteur joue aussi. Un fil H07V-U unique n’a pas de gaine extérieure : il doit toujours être protégé par un conduit. Un câble R2V possède sa propre enveloppe, ce qui explique la tolérance dans le vide. Beaucoup d’électriciens passent pourtant tout en gaine ICTA, pour deux raisons : le câble se remplace sans ouvrir la cloison, et la protection mécanique est assurée partout.
Cas où la gaine est obligatoire (et risque de refus au Consuel)
La gaine devient indispensable dès que le câble est encastré, qu’il passe dans un doublage collé sur un mur, ou qu’il est en contact direct avec des arêtes métalliques non protégées. Elle l’est aussi pour tout fil isolé simple. Les cloisons à fonction coupe-feu ajoutent leurs propres contraintes : chaque traversée doit être rebouchée avec un produit adapté, conformément au procès-verbal du système.
Lors d’un contrôle, le refus du Consuel vient souvent d’un câble visible et non protégé dans un montant, d’un conducteur sectionné par une vis ou d’un cheminement impossible à justifier. Le Consuel vérifie surtout le résultat visible : boîtes, tableau, continuité, protection des circuits. Un câble gainé et correctement fixé évite bien des discussions.
Câble nu dans le placo : l’idée reçue à corriger
« Le R2V se pose sans gaine partout » est faux. Il est toléré dans le vide, pas dans un enduit, pas contre une arête vive, et pas en travers d’une zone où l’on visse.
Passer le câble : méthode cloison ouverte et cloison fermée

En cloison ouverte (neuf ou rénovation lourde), l’ossature métallique est montée mais une seule face est vissée. C’est le cas le plus simple : on perce les montants aux endroits voulus, on place un œillet de protection dans chaque trou, puis on déroule la gaine avec son câble. On fixe l’ensemble avec des colliers à intervalles réguliers avant de fermer.
Avant de poser la seconde plaque de plâtre, il vaut mieux prendre des photos du cheminement ou dessiner un plan côté. Ces images serviront dans dix ans, quand il faudra fixer une étagère ou ajouter une prise sans risquer de percer un conducteur.
Cloison fermée : aiguille tire-fil, aimant et chaînette
En rénovation, on ne peut pas toujours ouvrir la cloison. On crée alors des points d’accès (trous de boîtes d’encastrement) et on fait descendre ou monter le câble dans le vide. La séquence est la suivante :
- Repérer les montants au détecteur ou en tapotant, puis percer à la scie cloche les emplacements de boîtes entre deux montants.
- Descendre une chaînette lestée, ou une ficelle avec un petit poids, depuis le trou du haut jusqu’au trou du bas.
- Récupérer la chaînette avec un fil de fer crochu ou un aimant néodyme si l’on a fixé un bout métallique à la ficelle.
- Attacher la gaine ou le câble à la ficelle, puis le tirer en douceur sans le forcer.
- Utiliser une aiguille tire-fil si le passage est long ou si le câble doit changer de niveau.
Si un rail horizontal ou une cale bloque le passage, mieux vaut ouvrir une trappe d’accès plutôt que de forcer : un câble qui frotte sur du métal finit par s’user.
Franchir l’ossature métallique et l’isolant sans abîmer le câble
Les montants et les rails métalliques sont l’endroit le plus dangereux pour un conducteur. Ils sont déjà percés d’origine à intervalles réguliers, mais les bords restent coupants : on y glisse un passe-câble en plastique ou un manchon de gaine pour que l’enveloppe ne frotte jamais sur la tôle. Mieux vaut passer par un trou d’origine que d’en percer un nouveau, car le percage fragilise l’ossature.
Pour les vis, on garde ses distances. On évite de faire cheminer un câble juste derrière un montant ou à la verticale des fixations de plaque : une vis de 25 ou 35 mm traverse la plaque et peut toucher le conducteur. Des trajets verticaux ou horizontaux rectilignes, depuis les boîtes, rendent le câble plus facile à retrouver.
La laine de verre ne pose pas de problème pour un câble, mais elle ne doit pas le comprimer : on la découpe ou on la glisse de part et d’autre, sans bourrer l’espace autour de la gaine. Avec du polystyrène, le contact direct d’un câble PVC est souvent déconseillé par les fabricants, d’où l’intérêt d’une gaine. Un doublage collé impose de son côté une gaine ICTA dans le plâtre ou dans un vide ménagé exprès.
Quand confier le tirage à un électricien
Si la cloison porte une fonction coupe-feu, si le tableau est à modifier, ou si l’installation doit passer le Consuel, un professionnel connaît les exigences de la NF C 15-100 et délivre une attestation que le bricoleur ne peut pas fournir. Pour une simple prise ajoutée sur un circuit existant, le travail reste à la portée d’un bricoleur soigneux, tension coupée au disjoncteur.
Matériel nécessaire pour un passage de câble propre
L’équipement de base tient dans une caisse. La scie cloche (diamètre 67 mm pour les boîtes standards) découpe les ouvertures, la perceuse sert aux perçages dans l’ossature, et l’aiguille tire-fil guide le câble dans le vide. Les boîtes d’encastrement pour cloison creuse, à griffes ou à vis, s’accrochent à la plaque de plâtre sans scellement.
La gaine ICTA se choisit selon le nombre de conducteurs : 16 mm pour un petit circuit, 20 mm pour des prises ou de l’éclairage courants, 25 mm si plusieurs câbles voyagent ensemble. On prévoit aussi des passe-câbles, des colliers, une chaînette, un aimant néodyme et un détecteur de câbles pour repérer l’existant avant de percer. Dans les cas où la cloison ne peut pas être ouverte, une goulotte reste une alternative propre et conforme.
Erreurs fréquentes à éviter

La première est de laisser un câble nu frotter sur une arête de montant : l’isolant s’use avec les vibrations et un défaut peut apparaître des mois plus tard. La deuxième est de visser une plaque ou une étagère sans avoir repéré le cheminement, ce qui arrive plus souvent qu’on ne le croit. La troisième est de passer des fils H07V-U sans conduit dans la cloison.
D’autres erreurs sont plus discrètes : sous-dimensionner la gaine au point de ne plus pouvoir remplacer le câble, tendre trop fort en tirant et abîmer l’isolant, ou oublier de reboucher une traversée dans une cloison coupe-feu. Un câble tiré avec patience, protégé aux perçages et documenté en photos reste le moyen le plus sûr d’obtenir une installation conforme.





